Projet de recherche Quel que soit le domaine d’étude, un modèle est une représentation abstraite de la réalité observée, réduite et convertie sous une forme facile à comprendre. Il constitue également une référence spatio‑temporelle pour notre compréhension d’un système [1]. Les modèles multi‑agents (ABM) et les modèles spatiaux dans les…
Projet de recherche Quel que soit le domaine d’étude, un modèle est une représentation abstraite de la réalité observée, réduite et convertie sous une forme facile à comprendre. Il constitue également une référence spatio‑temporelle pour notre compréhension d’un système [1]. Les modèles multi‑agents (ABM) et les modèles spatiaux dans les Systèmes d’Information Géographique (SIG) se sont révélés être des outils utiles pour l’analyse des processus de changement d’utilisation des terres, car ils offrent un cadre pour construire des modèles et réaliser des simulations.
D’une part, le SIG est un ensemble d’infrastructures informatiques, de ressources humaines, de procédures et de normes pour la gestion de l’information géographique en vue de résoudre un problème spécifique [2]. Les modèles basés sur les SIG sont composés d’entités spatiales telles que des points, des lignes, des polygones ou des pixels. D’autre part, l’ABM permet de définir le comportement des agents dans un environnement commun afin de résoudre des problèmes complexes. Il est également utilisé pour modéliser un système informatique distribué avec des agents autonomes interagissant et coordonnant leurs actions pour atteindre leurs objectifs, conjointement ou de manière compétitive [3]. Les similitudes évidentes entre agents et objets incitent généralement le concepteur d’un ABM à recourir au formalisme UML [4]. Les approches spatiales et multi‑agents incluent des plateformes de simulation informatique souvent utilisées dans plusieurs domaines de recherche (économie, écologie, sociologie, géographie, etc.) pour développer des modèles expliquant et analysant des phénomènes complexes [5], [6].
Plusieurs auteurs, dont [7]–[10], ont proposé de tels modèles pour comprendre les moteurs du changement d’utilisation des terres et identifier les actions appropriées pour maintenir le système cible. Dans des contextes interdisciplinaires et des situations de modélisation participative, le besoin de construire rapidement des modèles plus réalistes ou plus efficaces pour résoudre les problèmes environnementaux est croissant.
L’idée clé pour y parvenir est de s’appuyer sur les connaissances de terrain afin de reproduire les attributs et comportements des entités impliquées. Différentes orientations de recherche sont explorées pour accroître le réalisme de l’environnement simulé. Un premier groupe d’efforts notables, orientés vers l’intégration des SIG et des modèles multi‑agents, peut être observé dans [11], [12]. D’autres travaux portent sur la proposition d’architectures d’agents adaptées. À cet égard, l’exploration des concepts du paradigme acteur pour construire des agents efficaces et valides constitue une voie de recherche prometteuse [13], [14]. Outre la modélisation informatique et mathématique (par exemple via les équations différentielles ordinaires [15]), la conception d’agents peut s’appuyer sur des modèles économiques, sociaux et anthropologiques [16].
Le défi de notre démarche de recherche est de combiner le paradigme acteur, l’architecture des agents et les concepts spatiaux afin de développer des modèles efficaces pour traiter des problèmes environnementaux majeurs. L’approche ad hoc est souvent utilisée pour le développement de modèles, reposant sur un cycle de type code‑and‑fix, allant d’un prototype vers un raffinement progressif. Cependant, cette approche adaptative ne capture pas systématiquement les connaissances des acteurs ni leurs interactions avec l’environnement.
Techniquement, le développement et la maintenance des modèles qui en résultent deviennent lourds et chronophages. À partir de ces constats, le paradigme acteur apparaît comme une piste de recherche prometteuse en ABM, puisqu’il relie les concepts d’acteur à ceux d’agent et améliore ainsi le réalisme et la validité de chaque modèle construit. De plus, pour faire face à un monde évoluant vers une intelligence artificielle (IA) plus appliquée, il est nécessaire de disposer d’une approche plus efficace et plus simple, aussi proche que possible des acteurs de terrain et adaptée aux non‑informaticiens, permettant de capturer la réalité, les données et les comportements partagés au sein d’une communauté interdisciplinaire, puis de produire des simulations ABM valides grâce à une technique de modélisation efficiente.
Dans cet article, nous proposons une approche orientée acteur et guidée par l’architecture, appelée Spatially Explicit Agent‑based Modeling Approach (SEAMA), qui s’appuie sur des méthodes existantes pertinentes et répond au besoin de concevoir et de construire des modèles multi‑agents spatialement explicites reproduisant adéquatement la réalité. Nous avons conçu un cadre expérimental global des agents (Agent Global Experiment – AGE) intégrant un méta‑modèle construit à partir des concepts d’acteur, d’agent et de spatialité, afin de produire un modèle initial à partir des spécifications fournies par des experts du domaine et des analystes systèmes.
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Image sur le terrain avec les habitants dans la régions de l'Est:
